Kanabeach Biologik, en toute transparence.

Posté le 2 octobre 2012 par thomas Il y a 3 commentaire(s)

La marque Biologik de KanaBeach a été créée en 1993. Vendus dans nos 2 boutiques MODETIC et sur notre site internet, les vêtements Biologik de KanaBeach sont écologiques, biologiques et équitables.

Pour MODETIC, en exclusivité, KanaBeach nous donne quelques informations sur l'histoire de sa marque, ses ambitions et bien sûr, sur son éthique...

 

Pourquoi KanaBeach Biologik ?

Lorsque nous avons lancé la marque en 1986, nous avons choisi le nom pour rendre hommage a une plante très implantée en Bretagne, mais également dans le monde entier.
Il nous apparaissait alors inconcevable que la société ait pu abandonner une matière première aussi facile et naturellement abondante pour la remplacer par des matières mal maîtrisées aux conséquences nuisibles déjà visibles.

Ainsi le coton avait remplacé le chanvre, le ramie et le lin partout dans le monde, avec son immense problématique d’engrais, de pesticides et d’arrosage. Les premiers reportages sur l’assèchement de la mer d’Aral nous avaient très fortement sensibilisés sur ce sujet.
Et la pâte à papier était désormais réalisée à partir de bois, et donc d’abattage d’arbres alors que le concept de l’exploitation responsable des forêts n’était pas encore connu en dehors de la foret des landes. Ce qui engendrait alors une déforestation définitive de nombreuses parties du monde, et notamment des zones forestières des pays pauvres (un arbre met 50 ans à pousser quand le chanvre met 100 jours).

Nous voulions donc fabriquer des vêtements en chanvre, en lin ou en ortie, mais avec une préférence marquée pour le chanvre qui est la plante dont la culture est la plus facile et a le moins d’impact sur l’environnement.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Ce ne fut hélas pas simple. Nous avons facilement trouvé du tissus de chanvre et de lin, cultivé et tissé en France, mais a des prix beaucoup trop élevés, la fédération française du lin et du chanvre ne fournissait alors que nos marques de haute couture.

Après de nombreuses recherches, notamment en Europe de l’est et en Inde, nous avons compris que le tissus de chanvre, permettant de réaliser des vêtements, venait de Chine (dans beaucoup de pays pauvres, on tisse encore du chanvre en petite largeur, trop rustique et grossier pour l’utiliser en confection de vêtements).
C’était la Chine du début des années 90, encore très difficile d’accès... Et ce n’est qu’en 1991 que nous avons réussi à acheter des tissus directement dans ces usines.
Première confection en 1992 au Népal, puis deuxième essai en 92 encore en Turquie, et enfin, vrai début de la commercialisation en 93 avec la fabrication en Chine, et un produit bien assoupli et agréable à porter.

En quelle année avez-vous commencé la commercialisation de Kanabeach Biologik ?

C’est en1993 que Kanabeach commercialise sa ligne de produit Biologik, cette ligne constituée pendant longtemps uniquement de toile majoritairement en chanvre s’ouvre parfois à d’autres matières au grès des rencontres. Outre la matière première, Kanabeach fait également très attention au cycle complet de fabrication des ces produits bio : teinture, lavage, assouplissage, accessoires, emballage... Tout ce qui rentre dans la fabrication des produits de cette ligne doit être réalisé selon les méthodes les moins polluantes possibles.

 

Où sont fabriqués les vêtements KanaBeach Biologik ?

Au lancement de la marque, outre l’idée sous-jacente de travailler le chanvre qui au 18ème siècle, apogée de sa culture en France était majoritairement produit en Bretagne. Il y avait également l’idée de faire la confection en Bretagne, qui, toujours au 18ème était une grosse région de confection, fournisseurs des voiles de navires et des habits de marins pour quasiment toute l’Europe.
Nous avons donc commencé à travailler avec des ateliers situés à proximité de l’entreprise. Hélas, ces ateliers ont disparus les uns après les autres, et nous avons du nous éloigner. Après la Bretagne, nous avons évidemment travaillé avec le choletais et d’autres régions, mais nous avons vite arrêté, l’industrie textile était en phase de mutation : d’un coté les entreprises traditionnelles enlevaient des emplois de contrôleurs et augmentaient les cadences des ouvrières pour tenir les prix imposés par le marché, mais ceci au détriment de la qualité et du bien fini. Et d’un autre coté, aux abords des grandes villes apparaissait des ateliers clandestins dans lesquels travaillent dans des conditions extrêmement dures, des sans papiers !
Dans ce contexte, il n’était plus vraisemblable pour nous de continuer à fabriquer en France. Nous avons donc cherché des pays de fabrication qui nous paraissaient cohérents par rapports à nos souhaits. Espagne et Portugal ont les mêmes problèmes de prix que la France. Maghreb, ce n’est pas facile, il y règne une culture très étrange de la colonisation, et, les conditions de travail sont souvent très dures. Pays de l’Est, trop compliqué, il faut tout leur fournir, ce qui génère une logistique lourde avec trop de soucis. Turquie, c'était très bien lorsque nous avons commencé à y travailler. Istanbul et ses alentours étaient bien pourvus en matières premières, les usines et les ateliers étaient bien tenus, avec des conditions de travail très correctes. Nous y sommes restés quelques saisons, c’était vraiment bien. Même si nous avons quitté ce pays après avoir visité des ateliers sauvages et inacceptables situés plutôt du coté d’Izmir, c’est malgré tout un pays où on doit pouvoir encore travailler proprement. Ensuite, nous avons visité l’Asie et travaillé avec de nombreux pays, Pakistan, Thaïlande, Indonésie. Et nous sommes donc arrivés à Hong Kong !

On parle souvent des mauvaises conditions de travail en Chine dans les usines de textile, qu'en pensez-vous ?

La Chine est un pays sain et contrôlé, on peut y envoyer sans aucun risque nos contrôleuses qualité. La législation du travail est appliquée, et elle évolue vite dans le sillage d’un modèle européen. Les horaires sont comptés, les entreprises avec lesquelles nous travaillons ont une médecine du travail, et au moins un jour de congés obligatoire hebdomadaire, voire deux pour nos fabricants situés au plus près de Shangaï. Pas d’enfants qui travaillent, pas de conditions insupportables, pas d’horaires hallucinants, et nous visitons toujours les usines auxquelles nous confions des fabrications.
Compte tenu de nos niveaux de prix, nous pouvons confier nos productions à des entreprises propres et honnêtes. Parce que nous payons cher nos produits, ces entreprises peuvent employer et rémunérer correctement leurs employés.

Avez-vous gardé des fournisseurs locaux ?

En France, nous avons également développé notre atelier de sérigraphie qui a été labellisé Imprim’vert dès la création du label. D'ailleurs imprimerie, mobilier de magasin, housses et cintres représentants : nous ne sélectionnons que des sous-traitants proches du siège social de l’entreprise.

Quelles sont les matières bio que vous utilisez ?

Le chanvre :

 

Pour cette saison hiver 2012, nous utilisons 5 matières composées majoritairement de chanvre : 55% chanvre et 45% coton organic. Les premières traces de l’utilisation du chanvre par l’homme datent de 6000 ans avant jésus christ et ont été découvertes en chine. Le chanvre s’est ensuite progressivement développé jusqu’au début du 19ième siècle partout dans le monde principalement pour le textile et le papier mais aussi les bougies. En France, la Bretagne et le Maine et Loire étaient les régions européennes produisant le plus de chanvre.
Si, dans la plupart des pays dit développés son utilisation et sa culture se sont réduites à compter des années 1930, remplacé essentiellement par le coton et le polyester en usage textile et par le bois en usage papier. Il est un pays qui n’a jamais cessé de l’exploiter, c’est la chine.
Le chanvre que nous utilisons vient de la province du Shanxi, environ 600 km au sud ouest de pékin. Il est cultivé majoritairement de façon traditionnelle par les familles de paysan, mais provient également de petites coopératives agricoles.
Le chanvre ne craint aucun prédateur, se satisfait d’un sol très pauvre, de très peu d’eau et ne craint pas les forts écarts de température. Il permet de réaliser d’excellents tissus, extrêmement résistants et dotés de qualités intrinsèques liées à la qualité de la fibre.
Aujourd’hui, la production annuelle de textile à base de chanvre est d’environ 5 millions de mètres et kanabeach en commercialise environ 200 000 mètres.

Notre chanvre est transformé en tissus par des entreprises (peignage, filature, tissage ou tricotage, décruage, teinture) certifiées GOTS (global organic textile standard), nous profitons là de la démarche très poussée écologique des hollandais, principaux clients de ces usines et fournisseurs de tissus de chanvre quasi exclusif sur le marché mondial.
Bien sûr, toute la fabrication du tissus est voué à en faire une matière écologique.
La teinture est faite avec des colorants réactifs CIBA venant de chez Ciba-Geigy en Suisse qui sont très en avance sur les caractéristiques moins polluants de leurs procédés.
Le coton que nous incorporons dans les toiles est également organic, il provient essentiellement de HENAN la province voisine. Ces toiles à base de chanvre sont ce que nous savons faire de plus écologique.

Le ramie :

 

Nous utilisons cette saison un velours en mélange 55% ramie et 45% coton organique.
Le ramie (ou ortie blanche) est une variété d’ortie facile à cultiver qui permet jusqu’à 6 récoltes par an. La plante fournit un tissu d’excellente qualité, ne craint pas les parasites mais nécessite un sol bien drainé, un apport d’eau régulier et une température plus élevée pour se développer.
La plante a également un autre inconvénient, c’est une plante à rhizome, ce qui signifie qu’elle est très envahissante et surtout qu’il et très difficile de l’éliminer si on souhaite la remplacer par une autre culture, alimentaire par exemple.
C’est néanmoins une plante écologique pour faire du textile pour de vraies bonnes raisons : elle pousse sans engrais, sans pesticide et sans arrosage sous un climat normal. Elle produit une fibre très blanche extraite mécaniquement qui permet un blanchiment écologique. Le ramie que nous utilisons est cultivée dans la province du YUNNAN au sud de la chine. Dans le velours que nous avons choisi pour cet hiver 2012, le ramie est mélangé à du coton organique provenant de la même province. Les procédés de teinture utilisés sont les mêmes que pour le chanvre.

La polaire :

 

Au début des années 90, un ingénieur français a conçu un procédé permettant de transformer les bouteilles plastiques en fil polyester, la qualité de ce fil ne permettait pas de le tisser mais uniquement de le tricoter.
Un industriel ayant réussi à racheter cette invention à son auteur a réservée l’exclusivité de ce procédé à une seule marque, ce qui a très fortement ralenti les évolutions potentielles du procédé. Aujourd’hui, plusieurs méthodes permettent d’obtenir du fil à partir de polyester recyclé. On peut recycler non plus uniquement des bouteilles en PET, mais tout matériau en polyester, on peut ainsi en faire toute sorte de fil, ce qui permet de faire toute sorte de tissus.
Quelques saisons en arrière, nous avions mélangé du chanvre et du polyester recyclé pour aboutir à de très belles toiles, mais vraiment trop chères, et vraiment trop irrégulières en terme de qualité ! Aujourd’hui, nous considérons toujours qu’il est important de stimuler le recyclage et nous préférons le faire sur un produit facile, abordable et dont l’industrialisation est déjà bien rodée.

La laine :

 

Et oui, la laine est un produit écologique !
Matière première naturelle, renouvelable, la laine contribue à la préservation de l’environnement. La laine que nous utilisons cet hiver provient des moutons de SHANDONG, province jumelée du Finistère, département de Kanabeach.
Destinée à une clientèle soucieuse de la protection de l’environnement, la laine que nous utilisons à été lavée en utilisant les procédés les moins polluants.
Le polyamide est destiné à donner aux pulls plus de facilité d’entretien et plus de durabilité, parce que la durée de vie du produit est un facteur important pour la préservation de notre environnement.

Le coton organique :

 

Coton issu de l’agriculture raisonnée (utilisation de pesticides et d’apports chimiques réglementés, quantité d’arrosage contrôlée), blanchiment sans chlore et la teinture ne contient ni texture chimique ni métaux lourds. Du beau fil pour des pulls originaux qui reflètent un vrai savoir-faire.

A noter que Kanabeach reverse 1% de son chiffre d'affaire de cette collection aux associations de protection de la nature.

Retrouvez bien sûr tous les nouveautés Kanabeach Biologik sur Modetic.


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3 commentaire(s) au sujet de « Kanabeach Biologik, en toute transparence. »

  • Kanabeach comme d'autres marques a commencé avec de belles intentions : bio et local... mais a cédé aux sirènes du "plus ou moins écologique" et "Chine" à pas cher.
    Je ne vois pas ce qui a empêché KB de monter ou soutenir un atelier de confection local alimenté par des matières premières locales, lin et chanvre notamment.
    Une stratégie qui les aurait surement conduit sur des pentes moins savonneuses que celles sur lesquelles ils surfent actuellement.

    Notre entreprise, basée à 300m à vol d'oiseau du nouveau magasin d'usine de KB est la seule entreprise française à proposer une large gamme de tissus certifiés bio (GOTS), mais nous n'avons jamais eu le plaisir d'être contacté par eux. Trop breton et pas assez chinois, surement !
    Avec nos petits moyens, nous ambitionnons de faire justement ce que l'auteur de l'article décrit comme une utopie : mettre sur pied une filière 100% française et certifiée bio de tissu en lin de Normandie et Chanvre de Bretagne.
    Peut-être qu'on va se planter, mais au mois on aura essayé, et si on se plante de route, ce sera entre Plouzané et Caen, pas entre Shanghai et Pékin.
    Philippe / BIOTISSUS SARL
    http://biotissus.com

    Posté le 12 octobre 2012 à 10:10

  • J'ai acheté plusieurs vêtements de la marque Kanabeach Biologik. J'ai l'impression de m'être fait berné par la marque BIOLOGIK qui n'a rien de BIOLOGIQUE au sens du cahier des charges de la bio Européenne. Kanabeach joue avec les mots. Le terme ORGANIC est l'équivalent anglais de BIOLOGIQUE, deux termes qui sont protégés quant à leur utilisation et qui doivent répondre à un cahier des charges stricte. Mais Kanabeach parle de coton organiQUE, issu de l'agriculture RAISONNEE, un terme inventé par l'agrobusiness pour enfumer les consommateur écolos. Un coton organic (et donc biologique) devrait être produit sans produits chimiques contrairement a ce qui est indiqué dans cet article !
    En tout cas, merci pour cet article, vous perdez un clients plus tout ceux que j'arriverai à informer à temps.
    Cordialement,

    Posté le 16 janvier 2013 à 12:01

  • marie dit:

    Cher Bernard, désolé de vous répondre un peu tard, nous avons eu quelques soucis avec notre anti-spams. Merci en tout cas pour votre commentaire, MODETIC souhaite collaborer avec des marques qui ont une démarche de progrès dans leur filières, et même si certaines sont plus abouties que d'autres, ce qui est très encourageant de constater, c'est que grâce à nos achats, les marques améliorent leurs filières pour être de plus en plus cohérentes et que les critiques des consomm'acteurs y contribuent aussi ! Continuez donc a nous faire part de vos préoccupations, commentaires, critiques, nous y sommes trés sensibles et pouvons directement en discuter avec les marques avec lesquelles nous travaillons '

    Posté le 18 février 2013 à 01:02

Commentaires