Créée en Décembre 2002 par Ann Leroux et
sa fille Leslie, Ethos veut être vu
comme un style de commerce basé sur
le partage, l'échange et le respect.
ETHOS se spécialise dans les
vêtements fabriqués en coton bio,
chanvre, laine, alpaga, et d'autres
fibres cultivées sans engrais
chimiques, sans herbicides et sans
pesticides et teintées avec des
teintures écologiques.
Militant pour le coton bio et contre les pesticides, Ann Leroux est membre de Greenpeace et de PAN (Pesticides Action Network). Elle donne des conférences à ce sujet pour les associations et groupes d'intérêt public.
A travers Sila Solidarité, une association créée en 2001, ETHOS soutient des groupes d'artisans dans divers pays : Madagascar (raphia), Burkina Faso (bijoux), Bolivie (alpaga), Equateur (laine)... les aidant à s'organiser pour produire des articles qui seront commercialisés dans ses collections.
Les vêtements ETHOS sont modernes, très colorés et de bonne qualité. Les styles originaux et exclusifs ont été élaborés pour Ethos par Ann Leroux avec le concours de 2 stylistes Parisiennes.
Le commerce équitable ce n'est ni de la charité, ni de l'aide, simplement, une relation du producteur au consommateur qui cherche à établir de respect à chaque partenaire de la chaîne. Le producteur perçoit une juste rémunération en échange de ses produits qui lui permet de faire vivre sa famille dignement et d'améliorer sa condition notamment aux niveaux de le santé, de l'éducation, l'habitat, etc. Le consommateur achète des produits de qualité et la possibilité d'agir concrètement dans le développement durable.
Le commerce équitable représente une réelle alternative. L'écart entre riches et pauvres dans le monde ne cesse de se creuser, alors que le développement des échanges internationaux était censé le résorber. En effet, en 1960 les 20% plus riches de la planète avaient un revenu 30 fois supérieur aux 20% plus pauvres. Aujourd'hui ce revenu est 78 fois supérieure et, comble d'aberration : sur les 826 millions de personnes souffrant de faim dans le monde, 75% sont des agriculteurs !
Le commerce équitable tente de se professionaliser pour satisfaire un public grandissant. Faut-il des normes ? un label ? quels critères retenir, certifier et contrôler ? Max Havelaar est actuellement le label le plus répandu en France mais il en existe d'autres au niveau européen telles que "Transfair", "Fairtrade Mark" et Rättvisemärkt", Öko-Fair, ils sont tous affiliés au FLO (Fair Trade labelling Organisation International, une structure internationale qui suit et contrôle les producteurs et importateurs et joue un rôle de certificateur, voir leur site : www.fairtrade.net L'harmonisation des systèmes de certification du commerce équitable reste donc à trouver : un chemin qui rappelle celui de la culture biologique autrefois. Ce dont s'occupe les membres de la plate-forme française pour le commerce équitable (PFCE), site : www.commercequitable.org Vous pouvez également consulter la charte pratiquée par les membres de la plateforme. ETHOS est membre stagiaire (il faut effectuer une année d'observation avant d'entrer comme membre).
Au début,
le commerce équitable était basée
uniquement sur une meilleure
répartition Nord-Sud. Aujourd'hui le
mouvement s'étend sur l'ensemble des
échanges commerciaux, nationaux et
internationaux. Il est à l'origine
d'une prise de conscience globale
des citoyens du contenu éthique et
environnemental de consommation.
Produire « Ethique » devient
produire sans détruire,
et distribuer « Ethique »,
prendre en compte l'intérêt
général humain et environnemental
et non rechercher la
maximisation du profit à tout prix.
Lorsqu' il s'agit d'alimentation, le
commerce équitable rime avec Max
Havelaar, nom d'un label et d'une
ONG européenne éponyme apposé
notamment sur certains paquets de
café. Mais distribuer éthique n'est
pas comme dans certains GMS (Grande
et moyenne distribution), apposer
quelques paquets de café labellisés
Max Havelaar sur les rayons.
Distribuer équitable serait, si
d'avoir uniquement des produits
éthiques en stock, d'au moins
référencer prioritairement des
produits alimentaires issus de la
culture biologique et des
écoproduits qui respectent
l'environnement et les droits de
l'homme. Ce serait aussi de créer
des conditions de travail
acceptables pour tous les salariés,
dans la transparence et avec leur
participation.
LE
COMMERCE ÉQUITABLE aujourd'hui
c'est plus de 850 groupements de
producteurs concernés, c'est aussi
plus de 800 000 travailleurs qui
font vivre 5 millions de personnes
dans environ 50 pays (sondage Ipsos
2002). Le niveau de notoriété
continue de progresser et en même
temps de prendre une nouvelle
dimension
Pour beaucoup de pays en développement la culture du coton est la principale source de revenues des nombreuses familles paysannes. Malheureusement, la production du coton industriel représente une menace écologique énorme à cause de l'utilisation excessive de pesticides et autres produits chimiques qui polluent le sol et les nappes phréatiques. Par ailleurs, l'irrigation intensive nécessaire à cette culture entraîne la salinisation des sols et la diminution de l'eau potable - un exemple édifiant est la mer d'Aral. On parle peu des effets néfastes que ces produits ont sur la santé des populations - des effets à long terme, désormais identifiés : baisse de la fertilité masculine, malformations à la naissance, augmentation de certains cancers, diminution des autodéfenses immunitaires... pour n'en nommer que quelques uns.
La culture du coton biologique reste la meilleure réponse à ce fléau, mais les projets ont du mal à se développer face aux gros intérêts. La part de marché du coton bio est presque inexistante comparée au coton industriel. Pour beaucoup, la nécessité de s'habiller bio reste à prouver.
Les raisons écologiques : Le coton bio n'utilise
pas de pesticides ni d'engrais
chimiques, sa culture restaure peu à
peu la fertilité des sols et
l'équilibre des écosystèmes. Chaque
étape est accomplie avec le souci de
préserver la nature - sol, eau, air
et insectes utiles. Le coton bio,
produit dans le respect de la nature
jusque dans les procédés de filage,
d'impression et de teinture, est un
produit écologique sur toute la
ligne.
Des raisons économiques et
solidaires : Les pays
producteurs sont la Turquie, les
Etats-Unis, l'Inde et certains pays
d'Afrique, comme l'Ouganda (5% de la
production mondiale de coton bio),
la Tanzanie, le Sénégal et l'Egypte
qui a montré son intérêt pour
l'agrobiologie dès les années 70.
D'autres projets sont en cours au
Bénin et au Mali. Cultiver du coton
bio ne revient pas plus cher que de
le produire en conventionnel, mais
le coton bio coûte 15 à 30% plus
cher car il continue à être un
marché marginal. Résultat : depuis
1995, la quantité de coton-fibre
biologique vendue ne dépasse pas 6-7
mille tonnes et représente seulement
0,06% de la production mondiale de
coton. On sait que plus on achètera
le coton bio, plus le marché
s'affirmera et prendra sa place
comme une vraie alternative. Il est
certain que le coton bio mériterait
une bonne place dans la culture des
fibres textiles et dans le choix des
nouveaux consommateurs, conscients
de la portée de leurs achats.
Le 5 novembre 1997, à Tananarive (Madagascar), un entrepôt de la multinationale Hoechst explose, provoquant un terrible incendie qui va polluer rizières et eau potable. Le 29 décembre 1997, un autre dépôt de pesticides situé à Surabaya (Indonésie) connaît le même sort. Mais l'incident de ce type le plus sérieux eut lieu le 3 mai 1991 à Cordoba, dans l'Etat mexicain de Veracruz, lorsque explosa, puis prit feu, l'usine de la société Anaversa : des milliers de litres de pesticides se consumèrent, causant une gigantesque pollution dans une zone habitée. L'écrivain John Ross visitant la ville à la fin 1997 parla d'un « Bhopal mexicain (1) » qui, s'il ne provoqua pas de décès sur le moment, eut cependant des suites tragiques : l'association des victimes ne recense pas moins de cent cinquante-sept morts parmi ses adhérents. A Cordoba, cancers et malformations congénitales sont monnaie courante depuis le grand incendie, mais les autorités nient évidemment tout lien avec lui...
John Ross explique la discrétion qui a entouré ce drame par la protection dont bénéficiait Anaversa de la part de puissants politiciens, proches de l'ex-président Carlos Salinas. Au Mexique, les liens entre la classe politique et l'industrie agrochimique - toute acquise aux cultures de rente (2) - et le saccage humain et environnemental qui en résulte sont amplement démontrés (3). Et le sinistre tombait on ne peut plus mal : au même moment se déroulaient les négociations sur l'Accord de libre-échange nord- américain (Alena), et le gouvernement mexicain faisait l'objet de vives critiques du fait de son intérêt tout relatif pour les problèmes environnementaux.
Pressé par les poignantes manifestations des victimes et de leurs enfants malades à Mexico, M. Jorge Caprizio - ancien secrétaire à l'intérieur, alors ombudsman de la Commission nationale des droits de l'homme - dut publier un rapport reconnaissant que l'autorisation accordée à Anaversa avait constitué une erreur grossière. Il recommanda notamment une étude épidémiologique, ainsi qu'un recensement des zones affectées. Les victimes furent contraintes de saisir la Commission interaméricaine des droits de l'homme de l'Organisation des Etats américains (OEA). Mais leurs souffrances perdurent, et elles sont admises aux soins de l'IMSS (hôpital de jour de la Sécurité sociale) seulement si elles n'attribuent pas leurs maux à l'incendie d'Anaversa !
DANS les pays du Sud, le risque chimique vient s'ajouter aux maux et aux souffrances habituels : « La mortalité due aux maladies infectieuses, problème de santé majeur dans les pays en voie de développement, pourrait être exacerbée par l'exposition aux pesticides, qui abaissent les défenses immunitaires de l'organisme », affirment des experts (4). Les stocks de pesticides périmés dans ces pays et dans ceux d'Europe orientale et de l'ex-URSS s'élèvent à 100 000 tonnes, selon un communiqué du 4 mars 1998 de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui évalue à 80 millions de dollars le coût de leur élimination. A cette fin, elle réclame « une contribution plus consistante de la part de l'industrie agrochimique » et conclut que l'utilisation des pesticides « doit être fortement réduite ».
Le 3 juillet 1998, à Montréal, les délégués de quatre-vingt-quatorze nations, réunis à l'initiative du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue), ont terminé le premier cycle de discussions - qui doivent se conclure en 2000 par un traité international - devant mener à l'élimination des douze « polluants organiques persistants » (POP), dont huit sont des pesticides. Pour que cet accord soit viable, les pays du Sud, principaux utilisateurs des POP bon marché qui présentent un risque environnemental global, auraient besoin d'une aide financière substantielle. Invoquant le précédent des substances portant atteinte à la couche d'ozone, The Christian Science Monitor affirme, sans nier les difficultés de l'entreprise : « Le monde a besoin d'une interdiction globale de ces produits agrochimiques dangereux (...) dont l'usage est interdit ou sévèrement réglementé dans les pays producteurs. » D'autant que « même le gouvernement américain n'est pas en possession de la liste complète des pesticides que les fabricants exportent (5) ».
Medardo Varela, dirigeant d'un mouvement des ouvriers des bananeraies, a été assassiné le 12 mai 1998 au Honduras (6). Il s'opposait à l'emploi des pesticides toxiques par les grandes compagnies fruitières américaines et luttait pour l'indemnisation des cinq mille ouvriers qui en étaient victimes. Les employés avaient notamment organisé le blocus des exportations de bananes pour appuyer leur demande de reprise des négociations sur les compensations à accorder aux victimes du Nemagon, alias le nématicide (7) dibromochloropropane (DBCP), produit interdit aux Etats-Unis depuis 1979 mais utilisé dans les pays du Sud jusqu'au milieu des années 80.
Les ouvriers des bananeraies affectés par les pesticides remportent quelques succès : un tribunal californien a en effet rendu justice, en 1992, après un marathon procédurier il est vrai, à des travailleurs costariciens frappés de stérilité à la suite de l'emploi du DBCP dans des plantations appartenant à des firmes américaines. Celles-ci utilisent, au Costa Rica, 4 kilos de pesticides par habitant, soit huit fois la moyenne mondiale (8). En mai 1997, les trois multinationales fabriquant le DBCP ont signé un accord à l'amiable pour verser 41,5 millions de dollars à seize mille ouvriers frappés de stérilité dans douze pays du Sud, « bien qu'il n'y ait ni faute ni responsabilité », affirme l'un d'entre eux dans un communiqué.
On notera qu'une commission d'enquête hondurienne s'efforce d'élucider l'énigme de la naissance des dix-huit nouveau-nés anencéphales (sans cerveau) sur les deux mille venus au monde dans un hôpital du département de Yoro. Le DBCP est fortement suspecté à cause de son action sur le système nerveux central (9).
Le 3 février 1998, pour attirer l'attention sur le sort des petits producteurs de coton indiens, M. Mutylapali Subbaiah, paysan de l'Andhra Pradesh, tenta de se suicider devant le premier ministre de l'Etat. Endettés envers les marchands de pesticides, leurs récoltes ruinées par les insectes et abandonnés par les autorités, les paysans pauvres cultivant le coton recourent à ce moyen extrême : on a compté onze suicides en 1997 dans le seul district cotonnier de Warangal (10). Pendant la saison 1996-1997, outre de mauvaises conditions climatiques, les attaques de nuisibles avaient été catastrophiques, ce qui avait conduit les paysans aux abois, travaillant de surcroît sur des parcelles louées, à des épandages frénétiques des pesticides les plus divers et les plus dangereux. Ces produits, parfois édulcorés, frelatés ou obsolètes, avaient été vantés par une tapageuse publicité et proposés à crédit - à des taux usuraires - par des réseaux de négociants travaillant la main dans la main avec des fonctionnaires véreux (11).
Ces traitements échouèrent du fait de la résistance des insectes. Ni les spécialistes ni les autorités - qui avaient pourtant encouragé, dès les années 70, la culture du coton aux dépens de l'autosuffisance alimentaire - n'avaient prévu cette résistance, pourtant inscrite dans l'abandon de la rotation durable riz-légumineuses-légumes, qui avait conduit à l'accumulation des nuisibles dans les champs. Il est vrai que le lobby agrochimique est particulièrement puissant dans l'Andhra Pradesh où il a tout fait pour promouvoir la culture du cotonnier, qui exige beaucoup de pesticides (12).
C'est précisément pour combattre les groupes de pression et à la suite des suicides de paysans qu'a été constitué, à New Delhi, le 30 mai 1998, le Forum des organisations paysannes sur la globalisation et l'agriculture, alliance visant à libérer les petits fermiers de l'agriculture intensive capitalistique, uniquement orientée vers le profit et génératrice de dettes pour couvrir les achats de pesticides, de semences hybrides, de matériel d'irrigation... Le Forum appelle en outre le gouvernement à réglementer plus sévèrement l'industrie agrochimique (13) - d'autant que les produits frelatés sont légion - et à interdire aux marchands de pesticides d'agir comme créanciers. Le coton étant d'une grande importance économique et commerciale pour l'Inde, seule une lutte intégrée, faisant appel à un minimum de pesticides, est de nature à éviter les grandes pertes infligées par les nuisibles résistants. Ce qui ne se réalisera pas sans le soutien des dirigeants politiques et des institutions scientifiques.
C'est, semble-t-il, beaucoup demander dans un monde où prévalent globalisation et liberté du commerce. Car si le Danemark envisage une interdiction totale des pesticides (14) - que l'on retrouve de plus en plus fréquemment dans l'eau -, le Sénégal, qui subventionne fortement ces produits, et le Cameroun viennent de signer des contrats avec une multinationale pour mieux les diffuser au moyen, notamment, d'un réseau de distributeurs privés...



