TUDO BOM ? VÊTEMENTS SOURIANTS, BRÉSILIENS, ÉQUITABLES
1) Qu’est-ce que le commerce équitable ?
En 2001, quatre structures internationales de commerce équitable (FLO, IFAT, NEWS, EFTA) proposent une définition du commerce équitable:
" Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète.
Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel."
2) Que garantit que votre production respecte bien les critères du commerce équitable ?
D’abord et avant tout notre transparence, sur les producteurs, les lieux de productions, les coûts. Beaucoup de nos partenaires ont déjà visité les ateliers des couturières de TUDO BOM ?; nous répondons à toutes les demandes d’information sur la filière qui est largement présentée sur notre site (http://www.tudobom.fr).
Les fondateurs de TUDO BOM ? sont des entrepreneurs sociaux confirmés qui ont toujours travaillé sur ce champs de l’économie solidaire.
Notre appartenance à l’IFAT est une garantie supplémentaire.
3) Pourquoi vos produits ne sont-ils pas labellisés Max Havelaar ?
Il n’existe pas de referentiel Max Havelaar/Flo pour la confection. Il en existe un pour le coton depuis 2005.
Nous accompagnons les producteurs de coton vers cette certification qui leur permettra d’augmenter leurs débouchés. Nous espérons que cette certification sera effective courant 2007.
Nous pensons que les producteurs de coton respectent l’intégralité des critères du referentiel Max Havelaar et attendons l’audit avec optimisme.
4) Etes vous soutenus par des organismes de finances solidaires ?
Oui. Garrigue, société de capital risque solidaire, ainsi qu'une Cigale, club d’investisseurs solidaires, participent au capital de Fair Planet. Nous avons aussi fait un emprunt auprès de la NEF garanti par France Active. Nos autres partenaires financiers sont le Réseau Entreprendre et Plaines Initiatives.
5) Quels sont les organismes certificateurs pour vos vêtements ?
Nos vêtements ne sont pas encore certifiés. Ce qui est équitable c’est la démarche que nous mettons en œuvre sur l’intégralité de notre chaîne de production.Notre société est membre de l’IFAT (www.ifat.org), le coton que nous utilisons est en cours de certification par FLO/ Max Havelaar (www.maxhavelaarfrance.org) mais n’a pas encore reçu le label.Les teintures utilisées sont certifiées par Oekotex (http://www.oeko-tex.com/fr/main.html). Le coton bio , utilisé sur la majeure partie de notre collection hiver, est certifié par IMO.
6) Qui décide de l'affectation de la prime de développement ? A combien s'élève t'elle ? Les producteurs sont-ils associés aux décisions ?
Le budget affecté à la prime de développement est de 2% de notre chiffre d’affaires, cela a représenté 4.100 euros en 2006. Son affectation est décidée avec les couturières. Elle finance aujourd’hui les cotisations au système de prévoyance sociale brésilien, et une aide à la formalisation pour le groupe de Cascatinha.
7) Comment sont payés les couturières ? à la pièce ? par mois ?
Les couturières sont en général payées au mois. Certaines sont en free lance et sont payées à la pièce. Elles reçoivent tous les trimestres une prime en fonction de la qualité des produits.
8) Les couturières sont-elles dépendantes de Tudo Bom ?
Un des objectifs principaux de la partie confection du projet Tudo Bom? est le renforcement de l’autonomie des groupes de couturières. En ce sens la non-dépendance envers Tudo Bom ? est une préoccupation constante pour nous. Nous avons pour objectif que nos commandes représentent au maximum 40% de la capacité de production des groupes. Aujourd’hui les 5 groupes avec lesquels nous travaillons ont tous au moins un autre client, et nous répartissons nos commandes entre chaque groupe afin que chacun ait la disponibilité pour satisfaire les commandes de l’ensemble de leurs clients.
9) Le coton est-il certifié bio ?
Pas encore! La certification biologique est un processus qui dure au moins trois ans. Et il y a très peu de coton bio au Brésil. Face à cette pénurie, TUDO BOM? a décidé de créer sa propre filière de coton biologique et équitable.
«Le coton en conversion vers le bio » est un coton dont la culture respecte les principes de l’agriculture biologique (absence d’intrants chimiques, utilisation de techniques alternatives limitant l’impact sur l’environnement. Cependant ce coton n’est pas certifié biologique (le referentiel de certification est défini par la norme européeene NE 2092) car il faut pour cela une durée de conversion d’au moins 24 mois sans application d’intrants chimiques. Nous n’avons pas encore cette « ancienneté ». Nous espérons obtenir la certification Biologique pour le coton brésilien (Etat du Parana) pour pouvoir l’utiliser dasn les collections 2009. Parallelement, nous avons ouvert une nouvelle filière au Paraguay avec du coton certifié biologique.
Pour TUDO BOM ?, utiliser du coton en conversion vers le biologique est un acte déterminé. Même s’il est moins simple de communiquer sur un coton qui n’est pas encore certifié, la conversion est la période la plus compliqué pour les producteurs. En effet, c’est durant ces 3 ou 4 années qu’ils doivent changer de technique de culture, subir des chutes de rendement, accepter une incertitude plus grande. Soutenir les producteurs pendant la conversion, c’est rendre possible le développement de l’agriculture biologique et c’est aussi important que d’acheter du coton certifié biologique.
L’ensemble de la collection été 2007 est réalisée avec ce coton équitable, en conversion vers l’agriculture biologique. Nous espérons une certification bio pour les collections 2009.
10) Comment sont accompagnés les producteurs de coton dans leur conversion à l’agriculture biologique ?
C’est un point primordial pour une conversion réussie. Passer au bio, c’est changer de langue de travail ! C’est remettre en cause ses pratiques quotidienne de culture pour en adopter d’autres. L’accompagnement est absolument nécessaire. Les producteurs de la coopercoagel bénéficient de l’aide du service d’assistance technique de la coagel, leur autre coopérative. Les ingénieurs agronomes de ce service se forment aux techniques de cultures biologiques, mais c’est aussi nouveau pour eux. Ils participent à des rencontres au niveau national pour échanger avec des spécialistes de a culture biologique. Grâce à TUDO BOM ? et à Veja, les producteurs ont pu rencontrer d’autres fermiers qui sont eux aussi en cours de conversion. Face aux difficultés de la conversion à l’agriculture biologique, à la baisse des rendements observée dans les premières années, le doute peut s’installer dans l’esprit des agriculteurs sur l’intérêt économique d’une telle conversion. L’assistance technique est aussi là pour que le producteur maintienne son revenu, en obtenant de bon rendement et/ou en diminuant ses coûts de production.
11) Les producteurs de coton pratiquent-ils la mono culture ?
Non et c’est très important pour l’équilibre économique et environnemental local. Les producteurs de coton qui fournissent TUDO BOM ? plantent également du soja, du mais, du manioc, des cacahuètes, des fruits de la passion. Ils élèvent également du bétail, surtout pour le lait, parfois pur la viande. Et ils ont aussi une multitude de culture vivrières qui leur permet en grande partie de nourrir leurs familles. La culture la plus dominante dans la région est le soja qui demande moins de travail manuel et jouit d’une forte demande extérieure (exportation vers la chine et le japon). Certaines propriétés sont entièrement dédiées au soja ce qui pose des problèmes d’appauvrissement des sols. Plus récemment, avec la proximité d’une usine de production d’éthanol, la culture de la canne à sucre à repris de la vigueur. Elle fournit beaucoup de travail dans la région mais certaines pratiques de culture (brûlis) sont néfastes à l’environnement. Encourager la production de coton biologique et équitable participe d’un équilibrage entre les culture locales, garant d’un meilleur équilibre écologique et d’une moindre dépendance économique.
12) Quel est le salaire minimum au Brésil, le salaire vital ?
Le salaire minimum est de 350 R$, 130 euros. Pour les couturières, le minimum légal est de 475 R$, soit 175 euros. Nous estimons, en nous basant sur des études réalisées par des sociologues et sur notre connaissance de Petropolis, la ville où vivent les couturières, que le minimum vital est d’environ 750 R$ par mois pour une personne vivant en couple avec deux enfants. Les couturières de TUDO BOM? gagnent environ 530 R$ par mois. L’objectif est qu’elles gagnent 750 R$ mais nous ne sommes par leur seul client!
13) Que signifie le fait d'être membre de l'IFAT ?
L’IFAT est une organisation qui réunit depuis 1989, de grands acteurs du commerce équitable au niveau mondial (aussi bien des producteurs que des importateurs), en particulier les acteurs historiques, premiers porteurs du concept. L’IFAT compte près de 300 membres, dont 9 en France. Nous sommes fiers d’appartenir à cette organisation, et cela garantit que notre démarche est reconnue par les membres de l’IFAT. L’IFAT garantit que ses membres ont des pratiques équitables, il ne s’agit pas d’une labelisation du produit, comme le fait Max Havelaar, mais de l’organisation et de ses pratiques.
En étant membre de l’IFAT, nous participons à la vie de cette fédération qui travaille sur les questions de définition, de contrôle et de développement du commerce équitable. Nous travaillons, par exemple, sur les questions de définitions de prix juste dans le domaine de la confection avec fairwageguide (www.fairwageguide.org), une organisation américaine également membre de l’IFAT.