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    Coton : sa flambée marquera-t-elle son renouveau ?

    Coton : sa flambée marquera-t-elle son renouveau ?

    Comme de nombreuses matières premières, le prix du coton flambe depuis 2021. Faut-il s’inquiéter pour l’avenir de nos t-shirts en coton ? Oui et non. On vous explique pourquoi ! [Spoiler : oui, mais ce n’est pas si nouveau. Non, parce que les alternatives grandissent.]

    Posted in Général par Alice le Monday 10 Oct 2022

    decorations vegetales

    Le coton... ça devient coton !

    En novembre 2021, la livre de coton (soit un peu moins d’un-demi-kilogramme) se négociait à plus d’1 $ sur le marché des contrats par lequel transitent les produits agricoles. Ce seuil n’avait pas été atteint depuis 10 ans ! La cause ? Les pluies intenses, les sécheresses et les invasions d’insectes qui ont impacté les récoltes à travers le monde. Si la denrée s’est raréfiée, la demande, elle, a grimpé. La Chine, en particulier, a largement boosté ses achats, notamment sous l’effet de l’embargo américain qui imposait d’exporter des vêtements chinois uniquement s’ils étaient fabriqués... en coton non chinois. S’ajoutent à cela des retards de fabrication et d’acheminement liés à la reprise "post"-Covid. Le résultat ? Certains rayons textiles se clairsement et une hausse des prix de l’habillement se fait pressentir.

    C’est logique puisque le coton occupe une place centrale dans l’industrie de la mode. Dans les années 2000, près de 40 % de la production textile mondiale était en coton. Si ce chiffre n’a cessé de diminuer au profit des fibres synthétiques, le coton pèse encore très lourd – plus de 17 millions de tonnes produites en 2015 – et sa consommation a plus que doublé en 50 ans ! Avec la hausse attendue du cours du pétrole qui devrait rendre moins concurrentes les fibres synthétiques, un regain d’intérêt pour le coton pourrait s’observer.

    Repas local

    Speed-dating du coton

    Mais pourquoi l’industrie du textile aime-t-elle le coton ?

    Il est doux, confortable et peu allergisant.

    Il peut facilement être blanchi ou teinté.

    Il peut être tissé ou tricoté pour des résultats au toucher et à l’aspect très différents : denim, jersey, satin, mousseline, popeline...

    Il supporte de fortes températures, ce qui rend son entretien facile.

    Il peut tenir relativement chaud tout en étant respirant.

    Et jusqu’ici, il était peu coûteux.

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    La petite vie du cotonnier

    Convaincu(e) ? Vous voulez en savoir un peu plus sur les origines du coton ? Le coton provient d’arbustes de la même famille que les mauves et les hibiscus, d’où leur ressemblance. Lorsque les fleurs du cotonnier se transforment en fruits, des capsules remplies d’une ouate protectrice apparaissent, dans lesquelles se cachent les graines. C’est ce coton-graine qui sera séché, égrainé, nettoyé et mis en balles, avant d’être transformé en fil. Sur la 30aine d’espèces de cotonniers sauvages, 4 sont cultivées.

    Où donc ? Grosso modo, là où il fait chaud ! Principalement aux États-Unis, en Inde, en Chine, au Pakistan, dans les anciennes républiques soviétiques, mais aussi en Afrique, en Australie, au Brésil... Certaines de ces régions productrices sont semi-arides ou ont une saison des pluies insuffisante, ce qui les fait recourir à l’irrigation. Environ ¾ de la production mondiale de coton est ainsi irriguée, pour une surface totale de plus de 33 millions d’hectares.

    Car oui, le cotonnier a ses exigences.

    Exigence n° 1 : il ne supporte pas le gel. Exigence n° 2 : il a besoin d’une grande quantité d’eau pour se développer. L’ADEME parle de 5 000 à 17 000 litres d’eau nécessaires pour produire 1 kg de coton. Exigence n° 3 : après l’eau, il lui faut de la sécheresse. Sinon, ses capsules n’arrivent pas à maturité.

    La culture du coton n’est pas une sinécure ! Le cotonnier a la fâcheuse tendance à attraper tout un tas de maladies et à subir des attaques d’insectes et d’acariens. L’agriculture conventionnelle a cru trouver la parade en ayant recours massivement aux pesticides (avec leurs lots de semences OGM) et à grand renfort d’engrais chimiques... Avec les dégâts que l’on connaît sur la santé et l’environnement. Les pesticides employés pour le coton représentent plus d’un quart de ceux utilisés sur la planète !

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    De l’or blanc quand même bien sale

    Avec le changement climatique, les épisodes de pluies diluviennes ou de sécheresses intenses pourraient devenir fréquents et contrarier à répétition la production de coton. Le volume d’irrigation pourrait pour sa part augmenter de 50 % d’ici 2030, là où de grandes difficultés d’accès à l’eau existent déjà ! Le désastreux assèchement de la mer d’Aral suite au détournement des fleuves qui l’alimentent vers les champs de coton du Kazakhstan est suffisamment spectaculaire pour nous faire entrevoir la menace. Cette catastrophe environnementale débutée au 20e siècle nous en dit long sur celles de demain.

    Le surnommé « or blanc » n’est donc conventionnellement pas très reluisant d’un point de vue écologique. Humainement non plus d’ailleurs, car la filière du coton repose encore largement sur le travail forcé et le travail des enfants. On se souvient du reportage de Cash investigation qui nous emmenait, lors d’un beau mois d’octobre, faire la cueillette du coton en Ouzbékistan. Une dictature d’Asie centrale où le travail forcé des fonctionnaires et des étudiants est tout simplement institutionnalisé, avec l’obligation de ramasser au bas mot 50 kg par jour... La FAO, organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, soulignait encore cette année, proclamée au passage « Année internationale de l’élimination du travail des enfants », que les enfants participent encore bien souvent à la préparation des terres, à l’épandage de pesticides et à la cueillette manuelle du coton.

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    3 voies d’avenir : le coton bio, le coton français des champs... et le coton français recyclé !

    Si le constat est alarmant et que le système actuel semble bel et bien en bout de course, les solutions existent. Pour un coton plus green, il y a le coton bio ! Les cotonniers cultivés en agriculture biologique épargnent la planète du cocktail habituel de produits chimiques et demandent beaucoup moins d’eau. Rotation des cultures, engrais verts, utilisation de compost, choix des semences et du terrain, cohabitation avec les « mauvaises herbes », buttage... Un ensemble de méthodes permettent de préserver la richesse organique des sols et d’obtenir des plantes saines avec un moindre recours à l’irrigation. Un coton bio et équitable, c’est l’assurance d’une production durable, sans pesticides ni engrais chimiques, ni OGM. Il est certifié par le label GOTS (Global Organic Textile Standard), qui garantit en plus qu’il n’y a pas de substances toxiques dans le produit fini et que des conditions de travail décentes ont été respectées.

    L’instabilité du contexte et la pollution induite par l’import de coton invitent aussi à relocaliser la production. Relocaliser une culture comme le coton peut paraître moins évident que de relocaliser une industrie, et pourtant... Certains Français ont déjà réussi ce pari ! C’est ainsi que trois agriculteurs se sont lancés en 2016 dans la création de la première cotonnerai du pays à Montréal-du-Gers. Certes, le rendement est plus modeste que la moyenne mondiale (250 kg bruts par hectare contre 800 kg en général), mais les résultats et la qualité sont là. Avec leur marque Jean fil, ils ont pu confectionner une centaine de polos Made in France avec leur première récolte, pour arriver produire près de 4 000 pièces dès 2019.

    Mais les champs de cotonniers français ne pourront à eux seuls constituer une réponse aux besoins de production... Alors, pourquoi ne pas le recycler ? Fabriquer du coton sans cotonnier, il fallait y penser. Porté par la marque de jeans français et éco-responsables 1083 en partenariat avec l’ADEME, Eco TLC, Valrupt industries, Le Slip français et l’Université de Lorraine, Moncoton cherche depuis 2016 à valoriser les 223 000 tonnes de textiles collectés chaque année. L’objectif ? Développer un fil 100 % coton recyclé. Cette innovation nécessite d’optimiser les process de récupération des fibres, d’inventer une méthode de filature appropriée... Mais la recherche avance, d’ailleurs un record mondial en la matière a été établie : celui d’avoir produit un fil constitué à 75 % de coton recyclé !

    Bio, locales ou circulaires, les initiatives s’organisent pour permettre à l’industrie textile d’opérer un passage vers un nouveau modèle où le coton sera enfin clean ! Dès à présent, vous pouvez trouver des articles de mode en coton bio ou recyclé sur la boutique en ligne de Modetic en sélectionnant les filtres de recherche « Coton biologique » et « Fibres recyclées ».

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